ORGANISATION DU PROJET

Les objectifs sont organisés autour de cinq axes de travail interconnectés :

Axe 1 – Bénéficiaires des services écosystémiques

Dans un objectif de diffusion des connaissances liées aux services écosystémiques et d’opérationnalisation des résultats de notre étude, nous avons souhaité mettre en place une démarche partenariale avec les acteurs impliqués dans la gestion du territoire et de ses ressources. S’appuyant sur leur connaissance experte et fine du territoire, nous les associons à la co-construction du projet afin de proposer une analyse cohérente dont ils pourront se saisir pour l’action.

Cette démarche de recherche participative associant chercheurs et acteurs territoriaux se décline à travers différentes formes d’implication des acteurs (comités de pilotage, ateliers de travail, entretiens individuels, questionnaires et enquêtes), adaptées aux objectifs de ces rencontres.

L’étape finale de cette démarche visera à associer les élus au dialogue territorial engagé.

Axe 2 – Travail conceptuel : les réseaux de services écosystémiques 

Nous proposons le concept de réseaux de services écosystémiques pour décrire et comprendre les interrelations entre services écosystémiques multiples sur la base de mécanismes écologiques. Ce concept propose d’aller plus loin que la notion de bouquet de services écosystémiques, qui est une simple description des services associés de manière répétable dans le temps ou dans l’espace, en se concentrant sur leurs relations fonctionnelles telles que comprises par l’écologie.

Il est construit sur le constat que les services peuvent être liés entre eux par deux mécanismes principaux : l’association à des fonctions ou propriétés de l’écosystème communes à deux services ou la réponse simultanée de deux services à un facteur de forçage environnemental ou de gestion commun. Deux approches ont été utilisées simultanément.

  • Premièrement l’analyse des relations entre paires de services selon ces deux mécanismes, puis la combinaison de ces relations paire à paire pour décrire l’ensemble des relations entre services multiples.
  • Secondement, la construction de réseaux hypothétiques sur la base des connaissances fondamentales des processus écologiques tels que le recyclage du carbone et des nutriments, et de leur contribution à différents services écosystémiques.

Ces deux approches permettent : (i) de schématiser les relations entre services multiples en identifiant en particulier des relations de type ressource – production, ou production – impacts ainsi que les rétroactions entre services ; (ii) d’identifier les services ou propriétés écosystémiques ayant une position de nœud de réseau, et qui seront donc des clés de voûte du système ; (iii) d’identifier les propriétés clés sous-tendant les réseaux de services, tels que la production primaire de biomasse, la qualité des habitats ou la structure des paysages.

Axe 3 – Scénarios

Le projet ESNET, afin de remplir son objectif d’analyse des trajectoires futures de l’usage des sols et de leurs conséquences pour la biodiversité et les services écosystémiques, s’appuie sur une démarche de scénarisation à l’échelle du territoire.

La première étape de ce travail a consisté en la réalisation d’un état des lieux approfondi et à résolution fine des modes d’occupation des sols sur l’ensemble du territoire. Afin de réaliser des scénarios prospectifs sur les futurs possibles à l’horizon 2040, une démarche itérative entre chercheurs et acteurs a été conduite, s’appuyant sur la démarche Montagne 2040 portée par la Région Rhône-Alpes. Ce travail partenarial a abouti à l’élaboration de quatre scénarios de territoire, déclinés et modélisés en termes d’usage des sols.

Axe 4 – Modélisation des services écosystémiques

Treize services écosystémiques sont modélisés :

  • Quatre services de production : production agricole, production fourragère, stock de bois, production de bois
  • Un service culturel : tourisme et récréation
  • Six services de régulation : érosion, forêts de protection, qualité de l’eau, contrôle biologique, pollinisation, stock de carbone
  • Modélisation de la biodiversité : faune (vertébrés) et flore.

Nous utilisons une approche multi-modèles pour laquelle nous nous appuyons principalement sur des modèles préexistants que nous affinons pour leur application au territoire d’étude. Ces modèles couvrent toute la gamme de complexité depuis des modèles basés sur des proxys statistiques (par ex. production agricole, stockage du carbone, récréation), des modèles phénoménologiques (par ex. pollinisation) ou macroécologiques (par ex. contrôle biologique ou valeur culturelle de la biodiversité), jusqu’à des modèles basés sur les processus (par ex. qualité des eaux, protection contre les chutes de blocs). Les développements spécifiques concernent le développement d’un méta-modèle pour les services des écosystèmes forestiers, l’adaptation au territoire d’étude d’un modèle de services récréatifs, et la combinaison entre un modèle des émissions de polluants à l’échelle de la parcelle (STICS) et d’un modèle de la capture d’effluents azotés à l’échelle du bassin versant (InVEST) pour modéliser la régulation de la qualité des eaux.

Axe 5 – Intégration

Les méthodes d’analyse multicritères développées à partir de 2015 permettront :

  • d’identifier les arbitrages et les synergies entre la biodiversité, les services écosystémiques et les options d’utilisation des terres ;
  • d’incorporer les différentes perceptions et les intérêts des acteurs des territoires dans le cadre d’une démarche participative.

Nous analyserons plusieurs types de compromis:

  • compromis entre les services écosystémiques, provenant des hypothèses émises dans le cadre du WP2 ;
  • compromis entre les services écosystémiques, provenant des résultats de la simulation des scénarios déterminés dans le cadre du WP3 ;
  • compromis entre les scénarios, selon différents objectifs de développement urbain, de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de la qualité des ressources et des habitats aquatiques ou de la production alimentaire.

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